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Le design pharmaceutique

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Le design* fait partie intégrante de notre vie quotidienne. Chaque objet qui nous entoure est le fruit du travail et du processus de réflexion d’un ou plusieurs designeurs. Que l’on achète un meuble, une paire de chaussure, un écran de télévision ou bien une voiture le designeur tient une place essentielle dans la phase de conception de l’objet.

Aujourd’hui, relativement éloigné de l’industrie pharmaceutique, le design a pourtant, de par sa vocation, toute sa place dans le processus de fabrication d’un médicament. Nous allons voir comment le design peut intervenir sur la chaine de valeur du médicament et comment il peut rapprocher le patient de son traitement.

Le design, une activité au service de l’utilisateur.

Par définition, le design est une activité créatrice qui tend à prendre en compte les divers aspects complexes du corps humain en vue de la réalisation d’un objet à vocation industrielle ou commerciale. C’est un moyen pour inventer ou concevoir des produits en vue d’améliorer la qualité de vie des êtres humains.

De ce fait, le design a déjà révolutionné et conquis un certain nombre d’industries comme l’automobile, le mobilier, le numérique ou encore l’industrie de luxe.

L’exemple le plus marquant est certainement celui de la multinationale Apple. Non seulement, le géant de Cupertino a réussi à révolutionner le monde des ordinateurs personnels mais également le monde de la musique, de la communication, de la vidéo et des logiciels. Le succès de cette entreprise ne passe pas uniquement par l’utilisation de technologies innovantes, qu’elle met sur le marché, mais de façon plus globale par sa relation avec l’utilisateur final. A l’image de l’iPhone, tous les produits conçus par Apple sont le fruit d’une longue réflexion où l’expérience utilisateur est au centre des réflexions; comme nous le montre cette vidéo.

« Apple does not deliver technology to consumers; it designs experience »[i]

[i] Apple® ne se contente pas uniquement mettre à disposition sa technologie aux clients, elle transmet aussi son design.

Le design a la capacité d’adapter un produit à l’utilisation que l’on peut en faire, d’inventer de nouveaux usages ou de « disrupter » des modèles industriels. Il rapproche le produit du principal intéressé : l’utilisateur final.

En somme, la technologie n’est pas une fin en soi mais c’est bien l’utilisation que l’on va en faire qui permettra de faire évoluer notre rapport à l’objet.

Qu’en est-il dans l’industrie pharmaceutique ?

Comme nous l’indique le Dr Pascale Gauthier, pharmacienne PhD et chargée d’enseignement à la Faculté d’Auvergne, membre de l’association PharmaDesign, le principal enjeu à l’heure actuelle de l’industrie pharmaceutique est de fabriquer le médicament – au niveau biologique – le plus actif possible sur le corps humain.

Pourtant l’efficacité d’un médicament ne se résume pas que par l’action d’un principe actif mais peut passer par le biais d’une mise en forme galénique bien choisie, d’une voie d’administration judicieuse et par un design bien adapté.

Par exemple, il serait possible, par un design bien adapté, de jouer sur l’observance thérapeutique des patients. A l’heure actuelle, un patient sur deux ne prend pas correctement son médicament. Et, l’Organisation Mondiale de la Santé dit qu’ « améliorer l’adhésion du patient à un traitement chronique devrait s’avérer plus bénéfique que n’importe quelle découverte biomédicale ».

Par conséquent, le médicament de demain le plus efficace possible sera déjà, en premier lieu, le médicament le mieux utilisé, c’est-à-dire administré au bon moment, de la bonne manière et bien accepté par le patient.

Il existe, pour l’industrie pharmaceutique, un réel objectif stratégique de mettre sur le marché des médicaments mieux utilisés. L’enjeu des laboratoires doit évoluer vers la mise sur le marché de médicaments les plus efficaces possibles que ce soit en terme d’activité ou d’utilisation.

Les initiatives des laboratoires pharmaceutiques en terme de design.

Certains laboratoires pharmaceutiques ont compris l’intérêt d’intégrer une approche « design » dans la conception d’un nouveau médicament. A titre d’exemple, Sanofi a mis sur le marché canadien un médicament innovant pour ce qui est de la « prise » du traitement médicamenteux d’urgence dans un choc anaphylactique.

Le traitement d’urgence à base d’Epinéphrine, dans un choc anaphylactique, aide à enrayer les réactions allergiques graves et son utilisation, immédiatement après les premiers symptômes, permet de sauver la vie des patients.

Lors de ses réactions allergiques graves, les patients ont peu de temps, après l’apparition des premiers symptômes, pour s’injecter le médicament à base d’Epinéphrine. Le plus souvent, c’est une question de minute. De plus, l’injection doit être réalisée dans le muscle et non dans le derme pour éviter une réponse au traitement diminuée.

Le patient (ou les proches) doivent donc être capable d’agir rapidement et d’utiliser le dispositif correctement.

L‘agence européenne du médicament (EMA) a mis en place des recommandations afin d’améliorer la bonne utilisation de ces dispositifs d’injection. Elle encourage les fabricants d’épinéphrine à mettre à disposition des patients et des professionnels de santé du matériel d’éducation (démonstrateur, vidéo, indication sur le packaging) pour améliorer l’utilisation de ces produits.

Sanofi a mis en place, pour faciliter et améliorer la sécurité d’emploi, d un auto-injecteur d’Epinéphrine (Allerject®) parlant qui permet de guider l’utilisateur durant tout le processus d’injection. 

Les inventeurs d’Allerject sont deux frères jumeaux, Eric et Evan Edwards, tous deux gravement allergiques à certains aliments. « Étant nous-mêmes des patients, nous voulions un auto-injecteur qui comble les lacunes existantes dans le traitement des personnes à risque de réaction anaphylactique, » explique Eric Edwards.

Sanofi attaque le marché du traitement d’urgence du choc anaphylactique en proposant un médicament conçu par et pour des patients.

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Bien plus qu’un simple auto-injecteur d’Epinéphrine, Allerject® présente 3 caractéristiques majeures :

  • Allerject® parle : doté d’instructions vocales (anglais et francais), il guide le patient tout le long du processus d’injection.
  • Allerject® est compact : pas plus grand qu’une carte de crédit, il mesure à peu près 5 cm de large et 7 cm de haut. Sa petite taille est un atout majeur. Elle lui permet ainsi d’être transporté par tous les patients, et particulièrement ceux qui ne sont pas équipés de façon permanente en cas d’urgence.
  • Allerject® est facile à utiliser : cet auto-injecteur présente aussi d’autres innovations telles que: un témoin lumineux qui signale la fin de l’injection, une aiguille rétractable et un compte à rebours vocale indiquant la durée de l’injection.

Bien que ce dispositif coute plus cher à la fabrication, Sanofi gagne en réputation et se distingue des autres acteurs de ce marché. Ce nouveau dispositif permet à Sanofi de se placer en tant que second des prescriptions d’épinéphrine aux USA (10% de part de marché) sur un marché largement dominé par le produit leader EpiPen (85% de part de marché). Cette réflexion « par et pour le patient » est un moyen de se différencier des autres médicaments et répond de façon plus précise aux besoins des patients.

Un autre exemple de l’application du design dans le domaine du médicament est la mise en place, au niveau du packaging des pilules, d’un système « reminders » avec indication des jours de la semaine pour éviter l’oubli de prise. Très simple à mettre en place, ce système a un effet positif sur l’observance thérapeutique (Boeni et al., 2014).

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Nous venons de voir que le design peut avoir un rôle important sur le packaging des médicaments mais, peut-il changer le rapport que nous avons avec les médicaments ?

L’apport possible du design industriel dans le développement d’un médicament.

Mathieu LEHANNEUR – designer – a conçu à titre expérimental pour son projet de fin d’études de l’ENSCI une collection de dix objets thérapeutiques.

Par son travail, il s’est penché sur notre relation au traitement, plus particulièrement, sa réflexion a porté sur le rapport à la personne dans le traitement médical. Il s’est donnée pour mission de réfléchir sur la part psychologique du médicament, faire que le patient participe pleinement à son traitement et intégrer les conditions de bon usage dans l’élaboration de la forme galénique (gestuelle, rite, …) et jouer sur l’impact, les émotions, qu’aura le médicament sur l’utilisateur .

Mathieu LEHANNEUR a réfléchi à deux solutions thérapeutiques qui permettraient d’améliorer l’observance dans deux affections : l’asthme et les infections bactériennes. En effet, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), près de la moitié des patients dans ces cas-là ne suivraient pas correctement leurs traitements.

A travers ces deux innovations, il s’est penché sur le rapport à la personne dans le traitement médical :

1) Antibiotique par strates

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Le principe de ce médicament est de s’effeuiller comme un oignon. On en consomme une couche par jour, de la couche la plus sombre à la plus claire, jusqu’à arriver au coeur, c’est à dire la dernière gélule : celle de la guérison. En jouant ainsi sur l’allégorie de la couleur, Mathieu LEHANNEUR encourage l’observance et lui donne une importance considérable quant à la poursuite du traitement.

2) Le troisième poumon

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Il s’agit d’un traitement de fond contre l’asthme. Le patient, vivant parfois dans le déni de sa maladie, occulte d’autant plus la médication quotidienne qu’il juge inutile. Le principe de cet objet thérapeutique est de créer une relation de dépendance, avec une nuance majeure, ici , c’est le médicament qui est dépendant du patient.

Entre deux prises, le volume du médicament augmente, affichant son propre dérèglement physiologique et indiquant ainsi au patient l’urgence de la prise. Une fois la prise effectuée, le volume redevient plat et se regonfle à nouveau jusqu’à la prochaine prise.

En positionnant le patient en tant que principal acteur de sa médication, il est possible de changer notre relation avec le médicament. Le design se révèle être davantage un vecteur de sens, un outil d’interaction avec le patient. Il agit tant sur le plan du message qu’il transmet que sur les comportements qu’il induit.

(Rmq : Les 10 propositions d’objets thérapeutiques font parties de la collection permanente au MOMA à New York)

Conclusion

L’industrie pharmaceutique est sans aucun doute le domaine qui doit répondre le plus possible aux attentes des patients : principaux agents de leur santé.

Bien souvent occulté, le patient est pourtant le principal utilisateur et doit par conséquent être replacé au cœur du processus d’élaboration du médicament. Avec une approche « patient-centric », il semble possible, à l’instar des exemples ci-dessus, d’améliorer efficacement la prise en charge d’une maladie et d’aider le patient à mieux prendre son traitement.

Le design industriel se révèle être un excellent moyen pour inventer, améliorer ou concevoir des produits en vue d’améliorer la qualité de vie des êtres humains.

Mais, il reste de nombreux obstacles à franchir avant d’intégrer le processus R&D d’un médicament. En effet, cette nouvelle approche doit apporter plus de preuves en terme clinique et pharmaco-économique…

*Ici, nous évoquons plus particulièrement le design industriel

Beyond the Pill Club : Pierre-Antoine DRUBAY

 

Sources :

http://www.lecolededesign.com/fichier/rte/General/T%C3%A9l%C3%A9chargements/CADI-HS-2008.pdf

http://www.mathieulehanneur.fr/

Les éléments clefs du rapport santé numérique remis par le Conseil National du Numérique à la Ministre de la santé en octobre 2015

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« Le numérique dévore le monde et la santé n’y fait pas exception », voici en quelques mots l’idée, extraite du rapport du CCNum, qui qualifierait l’arrivée massive, depuis quelques années, du numérique dans le monde en général et plus particulièrement dans celui de la santé. Le président du Conseil National du Numérique, Benoit THIEULIN déclarait déjà il y a quelques mois face au LEEM (le groupement des entreprises du médicament en France) : « les révolutions numérique et écologique seront les défis majeurs de la société. »

Le sujet est dense, et l’arrivée des innovations à un rythme effréné ne fait qu’accentuer la complexité des questions.

Objets connectés, applications de santé, algorithmes, imprimantes 3D, la technologie apporte avec elle son lot d’innovations en matière de santé, mais également des questionnements, parfois même des réticences, autour de l’utilisation de ces ‘’données’’ qui seront in fine générées.

Le rapport ‘’Santé, bien commun de la société numérique’’ a été remis à la Ministre de la santé Marisol TOURAINE le 13 octobre 2015 par le Président du Conseil National du Numérique (CNNum), Benoit THIEULIN.

Le rapport regroupe 15 propositions divisées en 4 grandes parties qui visent à améliorer et à accélérer le développement du numérique en France : l’innovation dans le respect des droits des individus, la santé en réseaux, l’éthique à l’heure du numérique et enfin une partie qui s’intitule « Tous tributaires et dépositaires du Système de Santé ».

Consciente que la révolution numérique occupe pleinement le secteur de la santé, Marisol TOURAINE déclarait il y a quelques semaines : « La révolution numérique de la santé est là. Mon ambition, c’est de lui donner les moyens de s’exprimer et de se développer, dans un cadre respectueux du patient et du professionnel qui l’accompagne ‘’.

Ci-dessous, vous retrouverez les principales notions abordées que nous avons retenues dans chacune des quatre parties.

Partie 1 : ‘’Innover dans le respect des droits des individus’’, principal enjeu de nos jours.

D’après le rapport, le numérique semble être un excellent levier de croissance dans le secteur de la santé. Ses enjeux sont immenses, les retombées scientifiques et économiques pourraient être majeures à condition de créer un climat favorable à l’essor de la recherche et de l’innovation.

La France a tous les atouts afin de s’imposer comme l’un des leaders en matière de e-santé, grâce à la richesse de ses talents : chercheurs, innovateurs, professeurs, entrepreneurs, universités, laboratoires de recherche, start-up… L ‘essor du numérique est un virage certain à ne pas manquer à l’échelle nationale, et ce dans une coopération européenne.

Parmi les talents français de la e-santé mentionnés, on retrouve la start-up Medissimo® qui a remporté le prix du CES (Consumer Electronics Show)à Las Vegas en 2015 pour son pilulier électronique, la biotech Nanobiotix® qui travaille dans le domaine des biotechnologies dans le cadre du cancer du foie, la start-up montante Medtech® qui a élaboré le robot neurochirurgical Rosa, le groupe Genious® qui travaillent sur la rééducation numérique et ludique des patients atteints de la maladie Parkinson ou encore le CHU Toulouse qui a réalisé une première mondiale : une transplantation rénale par chirurgie robotique depuis une donneuse vivante.

Medissimo

L’innovation technologique passe par la mise en place d’un accompagnement des jeunes start-up.  C’est un élément clé mis en avant dans le rapport, on doit leur donner tous les moyens nécessaires pour qu’elles puissent se développer. A ce propos, le rapport préconise par exemple la création du statut « société européenne innovante » afin de favoriser la mobilité des échanges, et faciliter la collaboration à l’échelle européenne ou encore favoriser le déploiement de ’’clusters’’, qui pourraient former des pôles d’innovations et d’excellence en matière d’e-santé, localisés par régions et promouvoir les partenariats transfrontaliers.

Pour preuve, les chiffres annoncés autour de la e-santé se révèlent plus que prometteurs, le marché mondial de la e-santé a connu une forte croissance, avec une progression estimée entre 4% à 7% d’ici 2017, et serait même, d’après certains professionnels, ‘’ le secteur économique au plus fort potentiel de croissance’’ avec une valeur de 2,4 milliards de dollars.

Il aurait ainsi permis aux Etats-Unis, d’après une étude du cabinet de conseil Accenture®, d’effectuer une économie de près de 100 milliards de dollars, grâce à l’intégration dans le système de soins des dispositifs innovants autorisés par la Food And Drug Administration (FDA) comme les outils d’aide à l’observance.


D’après le rapport du CNNum, les chiffres clefs concernant les objets connectés :

« On recense 15 milliards d’objets connectés en santé dans le monde, 80 à 100 milliards sont annoncés d’ici 2020.

23% des français aurait déclarés utiliser un objet connecté (sondage BVA/ Syntec numérique), 11% en aurait utilisé dans contexte de bien-être. »


Le secteur des dispositifs innovants à faible risque pour la santé constitue un statut particulier à prendre en compte selon le rapport. La règlementation européenne et française en vigueur ainsi que les évaluations du bénéfice-risque pour la santé des individus sont des étapes nécessaires au contrôle, en matière de sécurité sanitaire ainsi qu’au niveau de la sécurité des données collectées. Cependant, elles ne doivent en aucuns cas être un frein à leurs accès au marché. Pour y remédier, le CNNum recommande de créer ’un guichet unique’’ afin de suivre et de faciliter la coordination des procédures. Ils proposent aussi de créer une procédure spéciale de ‘’fast tracks’’ afin d’accélérer le traitement des dossiers. Grâce à la mise en place d’un label, les dispositifs concernés pourraient être identifiés plus rapidement et voir leurs procédures simplifiées. En s’inspirant du modèle actuel du marquage CE, le rapport propose la création ’’d’un guichet unique’’, reconnu au niveau européen, pour les dispositifs dits : « dispositifs de santé innovants à faible risque pour la santé » ; l’enregistrement engloberait les deux dimensions : sécurité sanitaire et protections des données.

Le numérique pourrait être un excellent moyen de récupérer les données de pharmacovigilance, de veilles sanitaires qui, on pourrait l’imaginer, après avoir été traitées, pourraient livrer aux institutions des informations concernant le contrôle des dispositifs innovants et à postériori, comme le mentionne le rapport « Accélérer la constitution d’une littérature massive réexploitable à des fins de contrôle, de recherche, d’amélioration des dispositifs. »

L’ouverture des données :

D’après le rapport du CCNum, la France est l’un des pays doté d’une forte richesse des bases de données, considérées comme étant « encore insuffisamment exploitées … »

Elle possède des énormes bases de données nationales centralisées, constituées et gérées par des organismes nationaux et pouvant être vecteur d’informations sur un grand nombre de domaines de la santé. (Un cas pratiquement unique !).


Quelques chiffres :

’1,2 milliards de feuilles de soins traitées chaque année par l’assurance maladie, permettent d’avoir environ 17 milliards de données médico-administrative avec une profondeur historique pouvant aller jusqu’à 14 ans’’


Présentation des bases de données :

Les bases de données françaises ont la spécificité d’être collectées au même endroit, leur utilisation présente un enjeux certain.

  • Les bases de données médico-administratives :

Elles sont principalement constituées des data du SNIIRAM et du PMSI. Ces data présentent une spécificité car elles servent au remboursement des prestations de soins d’où leur nom. D’un point de vue patient, chaque personne ayant une carte vitale possède un numéro NIR ou numéro d’inscription au répertoire que l’on connait tous sous le nom de ‘’numéro de sécurité sociale‘’.

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Les remboursements sont transmis (ou télétransmises) grâce à la carte vitale que l’on présente aux médecins ou aux pharmaciens. Chaque prestation qui donne lieu à un remboursement grâce à cette carte vitale est transmise aux caisses de sécurité sociale et archivée, aboutissant à un ensemble de données conservées. Elles seraient de l’ordre de 4 téraoctets.

Ainsi, pour chaque individu, on peut tracer le parcours de soins, suivre les médicaments récupérés en officine…

Ces bases de données médico-administratives citées dans le rapport du CNNum contiennent un ensemble de données, parmi elles :

  • Les données du PMSI (ou données du programme médicalisé des systèmes d’information)

Elles concernent les données relatives aux prestations hospitalières des patients entre autres. Les établissements publics et privés de santé français ont pour obligation de déclarer leurs activités afin de recevoir le remboursement de leurs activités par les caisses d’assurance maladie. Chaque acte de soin est codé, détaillé et transmis. Elles rassemblent les données de 13 millions de personnes, et ont connu une augmentation de 1,7% cette année.

En France, les prestations de remboursement des actes de soins sont gérées par une seule caisse fait plutôt rare, exemple en Allemagne où il existe 4 caisses indépendantes.

Le gouvernement a missionné une commission ‘’open data’’ de réflexion de l’IGAS (inspection générale des affaires sociales) concernant l’exploitation de ces bases de données, riches, à accès restreint, et peu exploitées. Le gouvernement français s’est prononcé favorable à l’ouverture des données et a chargé une commission de faire des propositions en ce sens.

L’article 47 du projet de loi santé a créé un système national des données de santé (SNDS) regroupant un ensemble de données médico-administratives mentionnées plus haut, ainsi que d’autres data telles que des données statistiques relatives aux causes de décès…

  • Les données du SNIIRAM (Système national d’information inter-régimes de l’assurance maladie)

Est une base de données qui aide au contrôle et à la gestion de l’Assurance Maladie et des politiques de santé. Grâce à cette base, on peut connaître par exemple les dépenses de l’ensemble des régimes d’assurance maladie ou encore renseigner les professionnels sur leurs pratiques de soins.

L’article 47 instaure deux types d’accès aux données, l’objectif étant principalement de protéger les données de santé de toutes utilisations frauduleuses ou abusives par des organismes d’assurance maladie, par les employeurs d’entreprises, industriels de santé (possibilité d’identifier des profils de populations cibles sous traitements, tracer les profils de prescripteurs…).

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Grâce à ces données, on a la possibilité de suivre le parcours de soins de près de 86% de la population française, et ce de manière individuelle.

Les deux principaux types d’accès aux données sont :

‘’Open data’’ : cette mention signifie que les données médico-administratives en libres accès seront fournies sous forme de statistiques agrégées. En d’autres termes, on ne peut pas retrouver le nom du patient ou son profil en les exploitant.

‘’Régime d’ouverture régulée’’ : il s’agit de mettre à disposition certaines des données médico-administratives anonymisées présentant des risques de ré-identification, à des fins de recherches, d’études ou d’évaluations. Certains établissements publics de santé ont un accès à certaines données sous forme anonymisée afin de mener des missions de services publics. La CNIL (Commission Nationale des Libertés Individuelles) supervise et contrôle l’accès à ces données.

L’objectif de l’article 47 est de rendre accessible certaines data, accélérateurs de recherche et d’innovation, auxquels les industriels pourront accéder notamment de façon rétrospective.

À titre d’exemple, la durée d’un essai clinique en industrie pharmaceutique peut s’étendre de 2 à 4 ans, grâce à ces données, on pourra rapporter ce délai à une durée allant de 3 à 6 mois. En terme économique, le coût d’un essai clinique dans l’industrie pharmaceutique est de l’ordre de 400 à 1 millions d’euros contre 100,000 euros avec l’exploitation de ces données.

Les délais seront donc moins importants et les coûts seront réduits.

Ce bouleversement induit par le numérique a été abordé lors de la 1ère université d’été du LEEM organisée cette année le 2 juillet 2015 autour du thème : « Santé, tout réinventer ! ».

L’un des principaux défis qui se présente à l’industrie pharmaceutique est l’exploitation des datas, ou ‘’big data’’. Les industriels ne possèdent peu ou pas les compétences afin de traiter les données et font appel de plus en plus au GAFA (Google, Facebook, Amazon, Apple) à travers des partenariats. Par exemple, le rapprochement entre Google® et l’entreprise Alcon ® pour le projet de lentilles de contact pour diabétique. Ou encore les partenariats industriels avec IBM et son supercalculateur Watson® pour développer de puissants algorithmes afin de traiter ces données.


Le conseil national numérique recommande l’ouverture des données publiques médico-administratives sous formes de statistiques agrégées et protégées de façon à empêcher la ré-identification des patients.


En ce qui concerne la mise à disposition des données médico-administratives potentiellement ré-identifiantes c’est à dire, que l’on peut connaître le profil de patient, le CNNum préconise leur mise à disposition à travers un accès restreint qui serait gérés par la CNIL qui serait effectué à travers :

*une déclaration transparente des demandes d’autorisation de l’exploitation de ces données et des visées et objectifs des démarches sur le site internet de la CNIL.

*Il recommande aussi d’accélérer les procédures de demande d’exploitation des données.

* Le conseil se prononce favorable à l’assouplissement de l’usage du numéro NIR en tant qu’identifiant de santé afin de permettre l’appariement des bases de données de santé à des fins de recherches médicales.

L’ensemble de ces mesures vise à promouvoir la recherche et l’innovation en santé pour les patients. Actuellement, les industriels du médicament et du dispositif médical ont accès uniquement à certaines données agrégées médico-administratives sous forme de statistiques avec l’impossibilité de réidentifier des personnes.

Le CNNum évoque la possibilité, dans certaines de conditions établies d’après le consentement éclairé des personnes, de croiser certaines données de patients sous certaines conditions avec les données du quantified-self, celles recueillies via les smartphones …) dans le cadre de projets de recherches.

Les pouvoirs publics devraient, d’après le CNNum faciliter l’accès aux données de santé en mettant en place des moyens dits ’’stratégiques’’ tels que la mission « Etalab ».

‘’Etalab’’ : cartographie les données de santé dans un sens large, elle répertoire près de 260 jeux de données accessibles d’après la plateforme (data.gouv.fr).

Le quantified-self et les nouveaux enjeux :

Face à la montée des objets connectés, les données collectées suscitent de plus en plus la préoccupation chez les usagers quant à leurs utilisations. Ainsi, le CNNum pointe dans son rapport les CGU ou conditions générales d’utilisation, que la plupart de nous acceptons par un simple clic du fait de leurs complexités notamment.

quantifiedself

Le CNNum recommande de ‘’faire de l’individu, un acteur de la protection de ses données’’

Le consentement libre et éclairé et continu doit être respecté et demandé auprès des utilisateurs de produits e-santé.

Le CNNum recommande la rédaction de conditions générales d’utilisation lisibles, compréhensibles et ’sans ambiguïtés‘’ pour les usagers ainsi qu’une version juridique, de faire approuver leur compréhension par un panel d’usagers ainsi que d’instaurer un contrôle régulier et continu par des organismes dédiés.

Le dossier médical partagé :

Est un service disponible depuis fin 2010 mais encore peu utilisé. Parmi les travaux du projet de loi sur la modernisation de la santé sur le territoire, un carnet de santé électronique personnel unique sera instauré. Il permettra aux professionnels habilités d’avoir accès à l’ensemble des informations utiles aux soins des patients (analyse biologique, médicaments délivrés, allergies, antécédents médicaux…). Parmi les recommandations évoquées par le CNNum, on pourrait intégrer les données recueillies des appareils d’auto-mesures utilisés par les patients de façon autonome, la prise de rendez-vous avec les professionnels de santé.

De cette façon, les personnes pourront avoir accès à leurs données, et les renseigner à tout moment aux professionnels.

PARTIE 2 : Le patient-citoyen véritable acteur du système de santé grâce au Numérique

La partie « Tout tributaires et dépositaires du système de Santé » est donc plus qu’un simple rapport faisant l’état des lieux de la e-santé en France, elle est un réel manifeste qui implique le patient en tant que véritable acteur du système de santé. Tout d’abord en proposant diverses mesures pour lui permettre un accès à une information de qualité, qu’il pourra lui-même modérer.

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En effet les patients sont de plus en plus méfiants envers les informations plus « institutionnelles » et donnent un crédit important aux informations délivrées par ses pairs. Pour éviter la crainte de l’ordre des médecins d’un exercice illégal de la médecine selon l’article L. 4161 du Code de la Santé Publique, et surtout la diffusion d’informations erronées, le CNNum recommande des plateformes participatives où tout le monde évalue l’information et permet donc une labellisation  pilotée par la HAS. Ceci est une « incitation forte pour les acteurs économiques à se conforter à des pratiques respectueuses de leurs utilisateurs ». Il faut aussi comprendre que pour toucher les patients, il ne suffit plus de communiquer directement avec eux, il faut aussi communiquer au travers d’acteurs qui sont aussi patients. Ajouté à cela, le CNNum veut donner aux communautés de patients en ligne, l’agrément des usagers du Système de Santé (selon l’article L 1114 du CSP, cela concernait surtout les associations de patients au sein des établissements de santé) pour que les patients soient pleinement acteurs du bouleversement numérique de leur système de santé.

Ces communautés de patients constituent donc des partenaires et des cibles privilégiés pour les industries de santé, presque au même titre qu’un KOL (‘’Key opinion leader’’, ce sont des professionnels de santé ou experts dans certains domaines médicaux et qui peuvent être sollicités pour une expertise, une conférence).

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En plus d’être un « média » pour communiquer avec cette cible, les patients seraient aussi moteurs pour le design de politiques publiques. Le CNNum propose un modèle d’Open Gov, qui est selon le rapport « un mode de gouvernance qui vise à améliorer la transparence et la contribution de toutes les parties prenantes à l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques », en résumé le patient pourrait donner son avis sur certains projets et permettre une boucle d’amélioration. Un exemple serait le projet « République du Numérique » où plus de 20 000 citoyens ont pu contribuer sur une plateforme où tous les citoyens pouvaient voter et commenter les articles de loi. En vue de ce potentiel pouvoir donné au citoyen, les laboratoires ont donc tout intérêt à être au plus près des besoins des patients qui ne sont plus seulement les bénéficiaires, mais bientôt les co-décideurs du système de santé.

La coopération, la clé de la réussite du Numérique en santé

Cette seconde partie du rapport est aussi une incitation à la coopération, qui permettra l’amélioration du système de santé grâce à des outils numériques bien utilisés. Tous les acteurs du système de santé doivent participer à cet effort commun dans plusieurs domaines. Les citoyens ont encore une fois un rôle qui doit être accru dans des enjeux de santé publique tels que la prévention, la promotion de la santé, la gestion de crises sanitaires, etc.

Grâce à leur capacité à communiquer de façon rapide comme avec l’application iMoustique en Bretagne, cette application permet d’apprendre à identifier le Moustique Tigre et à signaler sa présence, ce qui permet de cartographier ces informations et de prévenir les risques de chikungunya. Les patients devraient aussi être plus responsabilisés dans leur orientation dans le système de santé. Pour cela, il lui faudra une information claire et de qualité, les entreprises privées ont tout intérêt à proposer des services réutilisant les données disponibles mais souvent éparpillées dans plusieurs bases de données, ou à cartographier l’offre de soins selon certains critères, car le marché des appli/sites le proposant est encore peu exploité et la demande d’un « GPS santé » efficace est de plus en plus forte.

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Les professionnels de santé quant à eux doivent coopérer entre eux par le biais d’outils numériques comme la télémédecine. Le CNNum commence donc par un état des lieux de la télémédecine en France qui est pionnière dans l’établissement d’un cadre légal parmi les pays européens, la télémédecine permettrait de pallier aux déserts médicaux qui touchent jusqu’à 2 millions de personnes. D’après l’article L 6316 du CSP, 5 actes sont reconnus en tant que télémédecine : la téléexpertise et la téléconsultation (qui représentent 70% des actes actuels en France), la téléassistance, la télésurveillance et la régulation médicale. La plus grande difficulté rencontrée pour les entreprises de télémédecine est le fait de passer d’un stade expérimental prometteur à un modèle économique viable. Les principaux freins sont d’ordre organisationnel, technique (comment intégrer du numérique dans la pratique des professionnels de santé ?), économique (quel mode de financement pérenne pour les industries et les professionnels de santé ?), et juridique (quel encadrement ? quelles responsabilités ?).

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Des guides ont été édités dans le cadre du plan de déploiement de la télémédecine pilotée par la DGOS (la direction générale de l’offre de soins) mis en place par les ARS (agences régionales de santé) sur certains « chantiers prioritaires » (imageries médicales, maladies chroniques etc.) mais le CNNum veut aller plus loin en relevant deux défis : trouver un bon modèle organisationnel et mettre en place un financement clair.

Pour le modèle organisationnel, il faut identifier l’impact en proposant par exemple des études multidimensionnelles plutôt que des études médico-économiques qui n’évaluent pas la télémédecine dans sa globalité. Ensuite, il faut dès le début du projet de télémédecine encourager l’implication des usagers pour cerner au mieux les besoins. Enfin il faut sensibiliser et former les professionnels de santé sur les outils de télémédecine et les sensibiliser à la sécurité de leur utilisation comme la sécurité de l’échange d’informations.

Le deuxième défi à relever est de trouver un financement viable pour la télémédecine : payer les industries qui créent ces outils et rémunérer les professionnels de santé qui les utilisent. Tout d’abord, la France s’efforce d’être un terreau fertile à l’innovation en télémédecine : elle bénéficie d’un programme d’investissement public sous forme de Fonds d’intervention ou de financements faisant partie des Migac (missions d’intêret général et à l’aide à la contractualisation) après le décret du 19 octobre, et avec le programme « Territoire de soins numérique » lancé en septembre 2013 dans le cadre de la Stratégie Nationale de Santé, 80 millions d’euros ont été alloués pour financer 5 projets de télémédecine. Le CNNum recommande de continuer ces efforts et de donner des critères de financement les plus transparents possible pour donner les mêmes chances à tous les projets. Les industries de santé se doivent de se tenir au courant de ces opportunités dans ce contexte favorable.

 


Déploiement de la télémédecine : tout se joue…

Pour la rémunération des professionnels de santé, la difficulté est de trouver un modèle de financement qui soit applicable à la télémédecine. Actuellement, seuls les actes de télémédecines inclus dans une prise en charge globale et figurant dans la liste des actes décidés par l’UNCAM (union nationale des caisses d’assurance maladie) le 17 décembre 2013 sont rémunérés. L’année suivante, d’après l’article 36 de la LFSS 2014, dans le cadre d’une expérimentation, une rémunération des actes de télémédecine se fait dans des régions pilotes pendant 4 ans. Les industries de santé doivent donc tenir compte de l’arrivée de la télémédecine qui tend à diminuer les inégalités entre les territoires, et qui permet donc une accessibilité à des médecins, et donc à des patients de manière plus étendue. Un double marché s’ouvre donc avec d’une part le développement d’entreprises de télémédecine, et d’autre part un pool de potentiels patients qui s’agrandit.

Enfin une collaboration sur lequel le CNNum insiste beaucoup est l’Opendata. Le CNNum propose par exemple un soutien à la recherche collaborative en e-santé, ou l’intégration de façon profonde de l’échange de données au sein des hôpitaux, les obligeant à repenser leur fonctionnement hospitalo-centré pour agir et penser en tant que groupement hospitalier de territoire (ou GHT), ou de donner aux pouvoirs publics la possibilité d’obliger des acteurs privés à partager des données dans le cadre d’impératifs de santé (en respectant les règles de sécurité des collectes d’informations des usagers et moyennant des contreparties claires).

Partie 3 :« Les nouvelles façons du soigner et de prendre soin » :

D’après le CNNum, la transformation numérique de la santé doit être abordée au sens large et sous différents aspects. Elle impacte à la fois la pratique des professionnels médicaux et non médicaux, des usagers, des industriels, des chercheurs dans leurs démarches.

L’arrivée du numérique coïncide avec la volonté d’une pratique médicale qui s’installe davantage dans le suivi des patients, chaque jour et du notamment à l’augmentation du nombre de maladies chroniques, et du suivi des personnes âgées.

Le CNNum cite une nouvelle pratique, celle du ‘’self management’’, les patients s’orientent de plus en plus vers l’automédication, en recherchant l’information médicale nécessaire via les moteurs de recherche sur internet, mesure des paramètres vitaux grâces aux applications de santé et aux objets connectés, ou ‘’wellness’’.

L’arrivée des nouvelles technologies s’inscrit dans une démarche d’accompagnement des professionnels de soins dans leurs activités et notamment les médecins dans le suivi de leurs patients, dans l’échange et le l’exercice de nouvelles pratiques chirurgicales via des robots intelligents ou encore dans l’aide au diagnostique grâce à des programmes d’intelligence artificielle (programme Watson® développé par IBM ®entre autre…). La médecine d’une façon générale et la pratique médicale ont toujours connu l’arrivée de technologies innovantes et révolutionnaires.

Afin d’aider au mieux les professionnels de santé à utiliser les outils numériques, le CNNum préconise d’instaurer ‘’ un volet numérique dans la formation des professionnels de santé’’.

Il mentionne pour exemple l’arrivée du dossier médical patient, ‘’ la connaissance de l’offre de produits et services de références disponibles, capacité à participer à des initiatives collectives en ligne comme la veille sanitaire… »

Il faudrait dans ce sens développer d’après le CNNum leurs formations grâce à des MOOC ou en valorisant la participation à des programmes de recherche et d’innovation.

La pratique médicale jusque là connue de tous à travers l’exemple de la consultation du praticien pourrait se prolonger par un suivi quotidien des patients nécessitant un suivi régulier.

En outre, le CNNum préconise l’utilisation du numérique dans le développement ‘’de la production de soins’’ et du « prendre soins ».

Il pourrait développer des systèmes d’alerte en cas d’urgence illustrés par l’exemple de MySOS de la Croix Rouge. ( MySOS permet de mobiliser des secouristes bénévoles, en cas de nécessité grâce au réseau ‘’ Anges gardiens MySOS’’), d’aide aux personnes vulnérables, ou encore développer un réseau d’entraide et de soutien (ce volet sera développé dans le prochain rapport du CNNum sur la transformation du travail).

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Les laboratoires pharmaceutiques développent une approche ’beyond the pill’’ centrée sur le patient, et réalisent des partenariats avec des acteurs qui pourront in fine, les aider dans l’exploitation de leurs données, (recherche et développement…) mais aussi dans la création d’outils innovants qui leur permettront de communiquer sur leurs traitements. (Partenariat entre Google® et Sanofi®). Les employeurs des entreprises et même les mutuelles s’engagent dans cette démarche de prévention en santé (exemple cité est celui de Vitality Health®, un organisme complémentaire anglais qui proposent à ses patients de réduire leurs frais de contrats s’ils respectent les objectifs de santé grâce à un capteur connecté Fitbit®.)

Partie 4: « Questionner l’éthique à l’heure du numérique ».

A l’heure de l’essor du numérique, des objets connectés, des applications, certains soulèvent un certain nombre de questions concernant la finalité de ces innovations : sommes –nous en train de s’inscrire dans une démarche de vouloir ‘’ augmenter l’Homme’’ avec tous ces capteurs… ?

Le CNNum propose dans son rapport une réponse non pas sur le plan ‘’sous le plan ontologique’’ mais plutôt dans une démarche collaborative afin d’apporter un certain nombre de réponses sur l’impact qu’auront ces technologies dans le domaine de la santé.

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Il propose d’orienter le débat concernant l’arrivée du numérique vers un autre thème : ‘’éthique du care’’. Le numérique ne doit pas être réduit à la seule question de ‘’l’Homme augmenté’’ ou ‘’human enhancement’’.

Ses apports sont multiples, sur la pratique médicale, la place du patient dans le système de soins, des acteurs de soins. Le rapport décrit le contexte actuel à travers le concept de ‘’disruption’’ que nous vivons actuellement où un ensemble de technologies ‘’bouleversent les structures sociales’’, ainsi que la nécessité d’adapter nos modèles de recherches et d’enseignements à ces changements.

Conclusion :

Le rapport santé numérique apporte un éclairage certain sur l’arrivée et les bouleversements apportés par l’arrivée du numérique dans le domaine de la santé.

Le système de santé français s’organise autour de plusieurs acteurs, qui travaillent en étroite collaboration, ou en réseau, le numérique a pleinement les moyens d’accompagner leurs démarches du soin sous divers aspects.

L’arrivée des technologies a aidé à positionner le patient au cœur du processus de soins, comme premier acteur de sa santé, capable de suivre sa médication mais aussi de participer aux travaux de recherches grâce à ses données, qui mieux exploitées, dans un cadre juridique surveillé, pourront aboutir à de nouveaux traitements entre autres.

L’ensemble de ces pratiques devra être encadré par des juridictions et réglementations strictes dans le souci de protéger les usagers.

Le numérique illustré par une arrivée massive et à un rythme effréné des technologies en santé soulève de nombreuses questions et débats, mais permettra, avec une meilleure maitrise des technologies, des avancées en santé certaines et ce dans un large domaine, à condition de travailler dans une logique collaborative, centrée sur l’innovation, la recherche et le respect du droit des personnes. Il recentre le patient au cœur du développement de ces technologies en tenant compte de l’impact du numérique sur la société ou le système de santé.

 

Beyond the Pill Club : Mai Cécile PHAM et Ihsène BEN MEHIDI.

 

Sources :

http://www.cnnumerique.fr

http://www.ameli.fr/l-assurance-maladie/statistiques-et-publications/sniiram/finalites-du-sniiram.php

http://www.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Femberify.com%2Fblog%2Fwp-content%2Fuploads%2F2015%2F04%2Femberify_lifelogging_cover.jpg&imgrefurl=http%3A%2F%2Femberify.com%2Fblog%2Flifelogging-and-the-quantified-self%2F&h=628&w=1000&tbnid=KTLcAbdnu0_4GM%3A&docid=P_CUw1-jCOX9dM&ei=W_EsVrnfIMj_aIDmnfgN&tbm=isch&iact=rc&uact=3&dur=731&page=4&start=79&ndsp=29&ved=0CBMQrQMwBThkahUKEwj5-Muu9N3IAhXIPxoKHQBzB98

http://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/medecins-sante-connectee.pdf

http://www.usine-digitale.fr/article/il-faut-une-vision-politique-de-la-sante-face-a-apple-google-ou-ibm-exhorte-le-cnnum.N357254

http://www.itespresso.fr/wp-content/uploads/2013/02/institut-montaigne-numerique.jpg

Les innovations technologiques en chirurgie.

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De nos jours les nouvelles technologies s’intègrent et trouvent leur place dans la chirurgie. Robots, imprimantes 3D, ou encore lunettes à réalité augmentée, jouent un rôle dans toute la chaîne de valeur de l’opération chirurgicale : De la formation des étudiants, à la réalisation des opérations les plus pointues, jusqu’à la fourniture de prothèses.

Grâce à ces nouveaux outils, la chirurgie s’affranchit de ses anciennes limites. Véritable leviers d’amélioration, les nouvelles technologies permettent des résultats plus que prometteurs.

Ainsi nous verrons tout d’abord brièvement comment lunettes à réalité augmentée et robots peuvent permettre l’amélioration de la qualité des opérations. Puis nous développerons le rôle prometteur de l’impression 3D dans la chirurgie ainsi que ses problématiques règlementaires et économiques pour les industries de santé.

Les lunettes à réalité augmentée et les robots améliorent la qualité des opérations chirurgicales

chirurgienDans la médecine chirurgicale, le traitement ne découle pas du médicament, mais de l’acte chirurgical. En effet c’est le chirurgien, qui par ses gestes, ses manipulations, procure le soin. Avec dextérité, il enchaîne les mouvements, planifiés à l’avance, pendant parfois de longues heures, sous la chaleur étouffante et l’ambiance cloisonnée de la salle d’opération.

Quelle est la valeur du savoir-faire et de l’habilité d’un chirurgien ? Elle est unique et rare. Les nouvelles technologies tentent de la rendre transférable.

Par les lunettes à réalité augmentée, elles tentent de transmettre les gestes et bonnes pratiques du chirurgien. Les robots, quant à eux se substituent aux gestes précis et habiles du chirurgien.

Les nouvelles technologies contribuent à l’amélioration de l’enseignement de la chirurgie.

L’« Open field Camera », caméra de haute qualité, portée sur le front des chirurgiens permet l’enregistrement du champ de vision du chirurgien pendant l’opération, et donc de tous ses gestes couplés au contexte clinique, en détail.

Projet a l’initiative de la fondation Moveo.

La retransmission de cette scène d’opérations, vue de l’angle de l’acteur de l’opération, peut se faire par un casque à réalité virtuelle porté par des étudiants. Cette vision très réaliste des scènes d’opération permet un enseignement par la simulation.

Cela permet l’adoption des bons gestes et réflexes et le partage des meilleures pratiques médicales entre professionnels de santé et étudiants à travers le monde.

 

Le robot chirurgien se charge des manipulations chirurgicales les plus délicates

On pourrait diviser l’acte chirurgical en deux dimensions : la planification de l’enchaînement des mouvements propre au cas clinique du patient et à ses caractéristiques anatomiques, et la réalisation habile de ceux-ci.

Le dispositif robotisé “ROSA”[1], se charge de cette dernière étape, dans le domaine délicat de la neurochirurgie.

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Une fois programmé par le chirurgien avec la planification de l’acte à partir de données préopératoires, il peut effectuer la manipulation des instruments et grâce à son bras robotisé, reproduisant les mouvements planifiés, en se repérant de façon autonome dans l’anatomie du patient grâce à son système GPS précis.

Le robot est supervisé par le chirurgien tout au long de l’opération. La précision de son bras robotisé est obtenue grâce à l’ampleur des mouvements qu’il peut effectuer, et sa relocalisation en temps réel dans l’anatomie de patient. L’intermédiarisation par le robot limite les tremblements et la contamination sanguine possible entre le chirurgien et la patient. A cela s’ajoute la dextérité inhérente du robot qui permet un rendu de l’opération plus juste, de fiabiliser et sécuriser.

Le dispositif ROSA™, utilisé en tant qu’aide lors d’interventions chirurgicales neurologiques (d’implantations d’électrodes, de procédures de chirurgie à crâne ouvert faisant appel à un dispositif de navigation, etc.), est aujourd’hui présent dans une vingtaine d’établissements hospitaliers en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et au Moyen-Orient.

D’autres robots existent déjà dans des domaines comme le cœur, l’urologie (cancer de la prostate), …

  • Problématiques éthiques, déontologiques et médico-économiques [2][3]

Le robot représente un lourd investissement (2 à 2,5 millions d’euros pour le robot) et peut conduire à une démultiplication des opérations, contraire à l’article de déontologie 35 du code de la santé publique, dans le but d’amortir ces coûts d’investissement. Cela a été le cas pour le robot «  Da Vinci » , seul sur le marché du cancer de la prostate, qui a aggravé le surtraitement du cancer de la prostate: entre 2002 et 2010, le nombre moyen de systèmes de chirurgie robotique par Etat américain est passé de 2 à 26,3. Dans le même temps, le taux de chirurgie a augmenté de 37,5 % à 52,4 %.

Selon le Pr. Kellogg Parsons, chirurgien oncologue : « Il existe un réel besoin de mettre en place des programmes de formation normalisés, avec des règles régissant la compétence et l’accréditation du chirurgien qui utilise le robot »

A chaque nouvelle innovation, il y a une période pendant laquelle il y a un risque pour le patient. L’intérêt pour le patient, et son impact en terme de surtraitement devrait être évalué par les centres de santé (ARS). Ce risque peut aussi être dût à la maitrîse incomplète de la nouvelle technologie.

L’imprimante 3D, le nouvel allié de la chirurgie

La chirurgie a toujours été un domaine de la médecine très personnalisé. En effet, chaque opération est unique et propre aux dimensions et à l’anatomie du patient.

Cependant, cette personnalisation a difficilement pu être transposée pour le choix des prothèses. Segmentées en taille différente, l’industrialisation de ces dernières rendent difficiles une customisation par patient.

En plus de permettre des solutions nouvelles, et salvatrices pour les patients « oubliés », atteints de maladie rare, l’impression 3D utilisée, couplée à d’autres outils comme le scanner 3D, peut aussi permettre la synthèse de dispositifs médicaux hautement personnalisables.

Non limitée par la dureté de la matière, l’imprimante 3D est aussi utilisée dans l’ingénierie tissulaire. La synthèse de peau améliore les procédés actuellement utilisés pour les grands brûlés.

  • La personnalisation des attelles par impression 3D, peut changer des vies[4]

Les maladies rares –qui touchent moins de 1/2000- sont confrontées à un manque de thérapies existantes. En effet, les industries pharmaceutiques peinent à trouver à la fois des patients pour leurs tests cliniques, et un nombre suffisant de patients afin d’assurer la rentabilité de leurs lourds et longs investissements en recherche.

C’est le cas de la trachéomalacie, maladie rare qui comme son nom l’indique, donne une trachée molle. Cette maladie apparaît à l’âge enfant et entrave la respiration ce qui peut induire dans certains cas le décès des patients.

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L’association de deux technologies, le scanner 3D et l’imprimante 3D a permis de confectionner sur mesure une attelle de trachée, et ainsi de traiter des enfants atteints de cette maladie. C’est une avancée majeure pour les patients atteints de cette maladie. L’attelle soutenant la trachée a permis de restaurer une respiration normale chez les patients, et leur a ainsi permit de mener une vie normale.

Le scanner 3D peut définir les mesures adéquates de l’attelle, ce qui, après modélisation 3D, permet la confection sur mesure de l’attelle par l’imprimante 3D.

Ce bio-dispositif, fruit d’une impression D est dit « 4D » car il sa forme change avec le temps. Cela lui permet ainsi de s’adapter à la croissance de l’enfant, et donc de sa trachée.

  • Impression de tissus humains[5]

Un autre élément du corps humain que peut fournir l’imprimante 3D est la peau. En effet, a synthèse de tissus par imprimante 3D est aujourd’hui répandue comme le montre son utilisation par de grands groupes industriels comme l’Oréal pour tester leurs produits cosmétologiques.

Cette technologie sera bientôt utilisée à des fins médicales pour fabriquer de la peau de substitution pour les grands brûlés grâce à l’entreprise “Printalive®”. Cette dernière est actuellement au stade d’essai sur les souris pour son imprimante 3D, capable d’imprimer et de recréer la complexité de la peau humaine avec de grandes couches de tissu avec les follicules pileux, et les glandes sudoripares. Elle utilise les propres cellules du patient afin d’éviter les rejets immunitaires possibles.

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De plus, elle a pour vocation d’avoir une utilisation répandue et accessible à tous : De la taille d’un micro-onde, et peu coûteuse,  elle est pratique pour les petites infrastructures.

« 90% des brûlures surviennent dans les pays à revenu faible et moyen, avec de plus grandes mortalités et morbidités dues à des systèmes de soins de santé mal équipés et à un accès insuffisant à des établissements de soins pour brulés » a déclaré le Dr Marc Jeschke.

On pourrait se demander si cette technologie d’impression de peau, ne pourrait pas être étendue à l’impression d’organes, plus complexes. C’est le challenge de plusieurs laboratoires à travers le monde de maîtriser et d’améliorer cette technique d’impression 3D de tissus afin de l’étendre à la synthèse d’organes artificiels. Ce serait une avancée majeure pour les organes vitaux, dont les donneurs manquent.

  • La massification de l’impression 3D des dispositifs médicaux[6]

Cette technologie est plus aisément adoptée déjà communément utilisées dans le domaine dentaire ou auriculaire qui requièrent des prothèses externes. Par exemple l’entreprise Prodways®, propose d’imprimer des prothèses dentaires avec un coût des plus compétitifs. Plus de 17 millions de gouttières sont imprimées chaque année. Dans la même les audioprothèses en silicones sont aussi répandues et représentent 90% des audioprothèses sur mesure, vendues aux Etats-Unis. Cette utilisation externe est une amorce pour convaincre et habituer le corps médical à utiliser cette technologie.

  • Problématiques règlementaires[7]

Dans de nombreux cas (cf. exemple de l’attelle), les dispositifs médicaux n’ont pas encore fait l’objet d’une mise sur le marché et sont donc encore utilisés à titres expérimentaux, pour des patients déterminés. Pour une utilisation plus large, la règlementation est pour le moment à un stade prématuré.

La FDA (Food and Drug Administration) considère cette innovation comme une innovation au niveau de la production. Elle a pour le moment approuvé 85 dispositifs médicaux créés par imprimante 3D. Les guidelines encadrant l’impression 3D sont prévues pour 2015.

L’EMA (European Medical Agency), qui régit la règlementation des dispositifs médicaux au niveau européen, dans le « European Medical Device Directive » prévoit de classer ces dispositifs médicaux dans la catégorie de dispositifs médicaux sur mesure, qui a des exigences de règlementations faibles.

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Nous pouvons cependant nous demander quelle est la qualité réelle d’un produit créé par impression 3D, et reproductibilité de la qualité de chaque dispositif médical.

  • Le mariage prometteur des imprimantes 3D et des industries de santé

Avec principalement des utilisations orthopédiques, dentaires, et d’implants cranio-maxillofaciaux, le marché de l’imprimante 3D dans le biomédical pourrait représenter 5 milliards d’euros en 2020[8].

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Actuellement, le biomédical représente 14% des revenus pour entreprises de service d’imprimantes 3D. Cette technologie représente à la fois une opportunité et une menace pour l’industrie des dispositifs médicaux.

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Ces dernières ont tout intérêt à maîtriser cette innovation en investissant, comme Siemens ou General Electric, dans la R&D ou en créant des partenariats avec les entreprises d’imprimante 3D.

Conclusion

L’utilisation de lunettes à réalité augmentée ainsi que l’utilisation de robot lors d’opérations chirurgicales pointues illustrent l’arrivée des futures innovations et technologies prometteuses dans le domaine de la santé.

L’imprimante 3D a une place dans toutes les pathologies mécaniques. La diversité des matériaux possibles (souplesse du tissu, Semi-rigidité du collagène) offre la possibilité de plusieurs utilisations dans le domaine médical, dans des domaines où les outils traditionnels n’ont pas encore généré de solutions. De plus, (dans l’exemple de l’impression de peau de grands brûlés) la personnalisation à moindres coûts, et la transportabilité de cette technologie permet son expansion dans les pays émergents. L’aboutissement des recherches de synthèse par impression 3D serait une innovation majeure.

Le développement de cette technologie requiert un écosystème regroupant l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur du produit final : les entreprises d’impression 3D, de scanner 3D, de modélisation, et les professionnels de santé.

Permettant d’évincer de nombreuses contraintes et de surpasser les capacités humaines, cette prochaine chirurgie deviendra par conséquent plus précise, moins invasive et plus efficace qu’à l’heure actuelle.

 

Beyond The Pill Club : Myriam Hong Tuan Ha

[1] http://medtech.fr/fr/vision-et-mission

[2] http://archsurg.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1885705

[3] http://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/09/08/robots-chirurgiens-halte-a-la-supercherie_4483896_1650684.html#WUyOtBL5QWHyMZmF.99

[4] http://www.livescience.com/50668-4d-implant-babies-breathing-problems.html

[5] http://www.jamesdysonaward.org/projects/printalive-bioprinter/

[6] http://www.prodways.com/industrie-du-dentaire/, http://www.medicalexpo.fr/prod/envisiontec/product-100029-648902.html

[7]http://www.mondaq.com/unitedstates/x/417874/Healthcare/FDA+Regulations+Or+Lack+Thereof+Of+3D+Printed+Medical+Devices

[8] https://www.bcgperspectives.com/content/articles/medical-devices-technology-innovation-biomedical-3-d-printing/

La révolution Big Data en santé.

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Les technologies BIG DATA offrent la possibilité de transformer la pratique médicale et le système de soin de façon générale. L’utilisation et la gestion des données collectées fait actuellement l’objet de nombreuses recherches. Voici quelques pistes sur l’impact et leurs rôles en santé.

Accélérateur du progrès et de l’innovation.

Le BIG DATA, littéralement « méga-données », désigne un volume massif de données qui provient le plus souvent du numérique. Il fut inventé par ceux, qui à l’origine, ont été les premiers à profiter de cette révolution : les astronomes et les physiciens dans les années 2000. Bien loin en apparence du domaine médical, il impacte pourtant aujourd’hui pratiquement tous les secteurs : industriels, automobiles, financiers, marketing, etc.

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Cette masse de données collectées – via l’internet, les smartphones, les tablettes, les objets connectés – peut, après avoir été traitées par de puissants algorithmes, générer des pistes de traitements pour des maladies, prévoir la propagation d’une maladie contagieuse ou encore permettre un suivi des patients atteints de pathologies chroniques. C’est un terme devenu courant dans les domaines médicaux et pharmaceutiques.

Parmi les principaux  bénéficiaires de cette révolution, on retrouve les laboratoires pharmaceutiques. Selon l’analyse du cabinet de conseil McKinsey, diverses mesures leur permettraient d’optimiser l’utilisation et la gestion de ces données qu’ils pourraient exploiter à toutes les étapes du circuit du médicament : de la recherche & développement de nouvelles molécules au suivi post AMM des patients bénéficiaires des nouveaux médicaments.

Bien que l’industrie pharmaceutique n’ait pas encore intégré pleinement les technologies Big Data dans un processus R&D, l’utilisation de ces nouvelles technologies se révèle être un excellent moyen de booster la recherche pharmaceutique.

Grâce à de puissants algorithmes, le traitement des données recueillies en laboratoires mais aussi durant les phases d’essais cliniques permettraient d’élaborer des modèles prédictifs en vue de prévoir les effets physiologiques des molécules, la découverte de nouvelles cibles biologiques des molécules mais aussi de singulariser les différentes mutations possibles d’un gène, rendant diagnostics et traitements d’autant plus efficaces.

Des partenariats entre laboratoire pharmaceutique et acteur du Big Data ont déjà vu le jour. A titre d’exemple, AstraZeneca et l’assureur Anthem ont signé en 2011 un contrat de quatre ans afin de rechercher les traitements les plus économiques et efficaces contre les maladies chroniques entre autres, d’après des études réalisées sur près de 36 millions de personnes. Ou encore, Biogen s’est associé avec PatientLikeMe et FitBit pour le développement d’une étude sur l’activité physique des patients atteints de SEP.

Aussi, Apple a mis en place un logiciel open-source Research Kit permettant de faciliter la récolte d’informations patients par les chercheurs lors des essais cliniques.

Le Big Data offre de nouvelles perspectives dans la santé

Toujours selon l‘étude de McKinsey, plus de 75% des patients pourraient utiliser les objets connectées à condition que les moyens mis à leur disposition puissent répondre à leur exigences et leurs besoins en terme de santé. Les outils permettant de produire de la DATA sont multiples, et commencent à envahir fortement la santé.

A titre d’exemple, l’union Européenne préconise de cibler les jeunes populations par des campagnes de prévention des maladies notamment via le web 2.0 : les réseaux sociaux, ou encore des applications mobiles (Apple Health©, Samsung Health© …). On découvre aussi à travers l’étude de McKinsey, que les patients de plus de 50 ans ne sont pas réticents à l’utilisation de la santé connectée et seraient même près de 70% des plus de 50 ans, en Grande Bretagne et en Allemagne, à vouloir utiliser les nouvelles technologies. Néanmoins, ils préfèrent plutôt l’utilisation de sites internet spécialisés ou encore les mails.

Le Big Data possède le potentiel de révolutionner la pratique médicale. Aux Etats-Unis, le Memorial Solan Kettering Cancer Center, un des 1er centre de traitement et de recherche contre le cancer, qui traite près de 30 000 patients par an a effectué un partenariat avec l’entreprise IBM.

Le but : analyser et interpréter les données cliniques des patients collectées grâce au désormais célèbre IBM Watson.

IBM Watson est un programme d’intelligence artificielle qui a la particularité de traiter les informations d’avantage comme un cerveau humain qu’un ordinateur. Il est capable de comprendre une question qu’on lui pose, de trouver les réponses en quelques secondes et de les énoncer grâce à son système vocale. Une des applications de ce système dans la santé est l’entrainement des médecins à trouver les meilleurs traitements anticancéreux, d’après plusieurs paramètres incluant les antécédents familiaux, médicaux ou encore les données de diagnostics déjà établis auparavant.

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En France, Khresterion a mis au point un logiciel du même type. Il aide le personnel soignant des patients atteints de diabète et de cancers à prendre des décisions grâce à l’intelligence artificielle. Toutes les données recueillies pourront améliorer le processus de médecine personnalisée, grâce notamment aux données génétiques, on pourra adapter les traitements en fonction de chaque profil de patients dans certaines maladies comme les cancers du côlon ou du sein.

Le Big Data devrait donc accélérer la compréhension des systèmes complexes. En 2008, Google lançait Google Flu trends afin de prévoir la diffusion des épidémies (cartographie). Cet outil n’a néanmoins pas été utilisé par les scientifiques qui préfèrent les « small data’’ ou les données recueillies sur le terrain mais a permis toutefois d’explorer de nouvelles possibilités quant à l’utilisation des data en épidémiologie.

Mark-Lombardi

L’utilisation des données amène aussi de nombreux débats concernant les sites qui hébergent ces données, les conditions de recueil de consentement éclairé et de confidentialité. En outre, de nombreux spécialistes se posent la question de la divulgation de données patients aux organismes d’assurance.

Le BIG DATA offre de nouvelles perspectives dans le domaine de la santé et constitue, pour de nombreux spécialistes, un virage certain à ne pas manquer pour les industries de santé.

Sources :

http://www.frenchweb.fr/e-sante-jusquou-ira-le-big-data-pour-nous-soigner/186343#3oEs8qOBQXR1UMX3.99

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/10/02/le-big-data-un-virage-technologique-a-ne-pas-rater_4499371_3232.html

http://www.mckinsey.com/global_locations/europe_and_middleeast/france/fr